Les Bad Boys qui ont marqué le football Italien

Nous continuons notre série en hommage aux Bad Boys du football. Cette fois-ci honneur au Calcio à ses rugueux défenseurs et à sa rigueur tactique. Les inventeurs du catenaccio ont enfanté des Bad Boys exceptionnels et inoubliables.

Genaro Gatuso : «Ringhio l’enragé »

Le pit-bull du football italien a fait ses preuves en tant que gladiateur du football et mérité une réputation de pourrisseur de jeu par tous ces adversaires écœurés par sa capacité à ne rien laisser passer dans son antre, son jardin … le milieu de terrain.

Gennaro a acquis une réputation de joueur méchant et agressif. Cette violence et cet engagement toujours limite, il les acquiert dans un championnat fait pour lui : la Scottish Football League. A 18 ans, le jeune Gennaro a en effet quitté Pérouse pour rejoindre les Glasgow Rangers. Il déclarera quelques années plus tard : « Pour moi, un match de foot idéal, ça se joue un soir d’hiver, sous la pluie, dans le froid. Quel plaisir de voir la fumée qui se dégage des corps à la moindre respiration… Quand je joue dans les conditions que j’ai souvent rencontrées en Ecosse, ça me booste encore plus. » De retour en Italie, le Ringhio se fait remarquer par les dirigeants du Milan AC qui s’empresse de le recruter. L’Histoire d’amour entre Gatusso et les  tifosis de San Siro durera plus de 13 ans. Des années d’engagement et de lutte acharnée ou il n’hésitera pas à donner des coups  et un mémorable coup de tête à l’entraîneur-adjoint des Spurs Joe Jordan, histoire d’écrire sa légende en lettres de sang. Son dernier match sera historique à plus d‘un titre : la Curva Sud fera trembler les travées du stade à chaque fois que le capitaine touchera le ballon tout au long d’une rencontre qui sera également le dernier match de Zambrotta, Inzaghi, Nesta et Seedorf.

 

Marco Materazzi « Matrix »

Marco, c’est la boucherie à l’italienne. « Matrix » (à cause de son style très aérien) a développé une conception du football assez unique. Pour gagner, tout est permis : simulation, coup, tacle, insultes … son répertoire ferait rougir de honte un assassin de la camorra. Ce fils de footballer a trainé son  1,94 mètre dans les bas-fonds des séries B et C italiennes durant de longues années, avant de rejoindre Everton en Angleterre pour une expérience assez conforme au personnage. 33 matchs, trois buts et trois expulsions.

Marco rentre en Italie et après quelques temps il rejoint L’Inter de Milan en 2001. Matrix arrivera à démontrer que l’agressivité́ extrême d’un défenseur peut être une constante tout au long d’une carrière. Le boucher s’est régalé à casser des chevilles et à faire expulser ses adversaires grâce à des simulations grotesques mais tellement efficaces. Ses agressions sur Andrei Shevchenko ou Rui Costa ont fait les beaux jours de Youtube.

2006 sera son année, il aura l’occasion de briller en finale de coupe du monde en égalisant et en faisant expulser Zidane après avoir insulté tout son arbre généalogique. Si le coup de boule de  Zizou est dans toute la mémoire, il serait injuste ne de pas reconnaitre l’excellent mondial réalisé par Matrix. Il goutera aux joies des titres en club avec la formidable épopée des Nerrazuri en 2010 et leur triplé historique sous les ordres de Mourinho.

 

Paolo DI Cano «Dr Paolo & Mr Di Cano»

 Paolo Di Cano est un pur produit de la Lazio de Rome avec qui il fait ses débuts en 1985. Après avoir écumé les terrains de la série A, il s’envole pour l’Ecosse en 1996 et remporte dès cette année le titre de meilleur joueur du championnat écossais. Dès l’année suivant il rejoint la Premier League et joue pour  Sheffield Wednesday, West Ham United, puis Charlton Athletic. Les journalistes britanniques le surnomment alors «Dr Paolo& Mr Di Cano». Le romain est capable de gestes sublimes à l’image de son but façon Karaté contre Wimbledon mais aussi de gestes absurdes voir violents. En 1998, après avoir été expulsé contre Arsenal, il pousse l’arbitre comme un vulgaire déchet et écope de onze matchs de suspension. En 2001, alors qu’il a la possibilité de pousser le ballon dans les cages vides d’Everton, il s’arrête pour prendre le ballon des mains en demandant aux secours de venir soigner le gagner adverse. Il recevra le prix du Fair Play de la FIFA pour ce geste d’une rare élégance.

Il retrouve son club formateur en 2004 et refait parler de lui : Di Cano affecte les saluts fascistes et ne s’en prive pas. La fédération italienne sévit plusieurs fois, son club aussi mais, rien à faire, Paolo persiste. Sa réponse est claire : « Je suis fasciste, mais pas raciste. Je fais le salut romain pour saluer mes supporters et ceux qui partagent mes idées. Ce bras tendu n’est pas une incitation à la violence ou à la haine raciale. » Cet inconditionnel de Mussolini porte l’inscription « DVX » tatouée sur son bras, signifiant Duce en latin … on n’ose imaginer ce qu’il serait devenu s’il était né en Bavière et s’appellerait Paul Van Kanyo.